24 - Maurice de Lesmeleuc de la Salle





Originaire du diocèse de Saint-Brieuc ses preuves de noblesse, ainsi que celles de son frère François, furent admises par l’Ordre, lors du chapitre provincial de Poitiers le 1 mai 1581[1]. Maurice de Lesmelleuc naquit à Andel, paroisse des Côtes d’Armor, au lieu-dit la Belle-Ville, vers 1556. Le dossier de ses preuves de noblesse, conservé aux archives nationales de Malte[2], nous précise qu’il n’aurait pas dû porter le titre de seigneur de la Salle, ce titre étant porté par son oncle Jean de Lesmeleuc[3], qui fut son parrain ; le père de Maurice de Lesmeleuc était le second de la fratrie et portait le même prénom que son frère aîné (A35). Dans les documents produits Maurice de Lesmeleuc portait le titre de seigneur de la Hazaye, son frère François celui de seigneur du Bas-champ et son frère Guillaume celui de seigneur de la Fontaine.


NOTA : Maurice baptisé à Andel vers 1556 a pour parrains  écuyer Jean de Lesmelleuc  (décédé  avant septembre  1579 date d’établissement du dossier des preuves) seigneur de la Salle, son oncle, et X [illisible] de Lesmeleuc son frère ainé : marraine demoiselle Catherine de la Mare, dame  du Tertre et de Por-Villy sa tante.

François baptisé vers 1557 a pour parrains écuyer  François de Saint-Méloir , vivant sire de la Ville-Louäslan (décédé avant septembre 1579) et  écuyer Georges Hiliquin  sire de la Ville-Hate ; sa marraine demoiselle Catherine Mylon dame de la ville-….[illisible] sa tante.


Commandeur de La Feuillée en 1598, procureur général de son Ordre au Grand Prieuré d’Aquitaine en 1603, toujours commandeur de la Feuillée en 1605[4]. Guillaume de Lesmeleuc, sieur de la Fontaine, frère du commandeur, fut son procureur spécial[5] .

Maurice de Lesmeleuc fut commandeur de la Guerche en 1591 et 1596 [6].

François de Lesmeleuc, seigneur des Bas-Champs, succède à son frère à la tête de la commanderie de la Guerche en 1598 4. Il réside de préférence en son manoir de la Nouée plutôt que sur sa commanderie de la Guerche. Il afferme une partie de sa commanderie du Temple de la Guerche en 1602 et 1603.


Maurice de Lesmeleuc se trouvait en 1603 prisonnier  au For-L’évêque[7] à Paris. Ayant à régler certaines affaires en Bretagne il donne pour caution Pierre Viault, commandeur d’Amboise ; et vint à la Guerche où il signe le 25 septembre 1603 une quittance en qualité de procureur général de son ordre au grand-prieuré d’Aquitaine[8] . Il est probable que son emprisonnement a un rapport avec  l’arrêt émis par le conseil privé d’Henry IV, depuis Rouen, le 3 septembre 1603. Cet arrêt ″ rendu sur la requête de frère Maurice de Lesmeleuc, chevalier de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem et procureur général au prieuré d’Aquitaine, ordonne, en interprétation d’un arrêt du 6 août précédent [1603], l’évocation au conseil du procès criminel intenté par le requérant, au Parlement de Bretagne, contre Michel et Pierre de Lesmeleuc et leurs complices, et son renvoi au Parlement de Paris[9]″.


En 1612, René de Saint-Offange a remplacé Maurice de Lesmeleuc à la tête de la commanderie de la Feuillée. Dès le début, naît un conflit entre ces deux commandeurs. Maurice de Lesmeleuc réclame à René de Saint-Offange une rente annuelle  de 120 écus d’or sur la commanderie de la Feuillée. René de Saint-Offange conteste cette rente et  porte plainte auprès du chapitre général. Le  grand maître de l’Ordre, Alof  de Wignacourt (1601-1622)  rend un arrêt de conciliation le 10 octobre 1612[10] : le sieur de La Salle doit renoncer à son exigence ; en contrepartie le chapitre lui accorde la pension de 50 écus d’or que le sieur de Saint-Offange possède sur les revenus de la commanderie de Mauléon ; en sus le sieur de Saint-Offange devra lui verser, en argent comptant, 100 écus d’or.


Pour s’opposer aux revendications de messire de Quelen, sieur de Saint-Bihy, sur la chapelle Saint-Jean-du-Temple en Plélo, il dut enclencher une procédure judiciaire. Ayant peu de documents à porter à l’appui, le commandeur mit en avant le nom même de la chapelle qui apportait la preuve de son origine ainsi que sur les armes de la Religion présentes sur les vitraux et à l’extérieur de l’édifice.  Suite à cette procédure, il fit apposer ses armoiries dans les chapelles de Keramanac’h et du Temple de Plélo, où elles étaient toujours visibles lors de la visite de 1617.




[1] BNF, ms. fr. 32403,  folio 221 et Bibliothèque Nationale de Malte, AOM 2969, Preuves de noblesse de Maurice et François de Lesmeleuc dits de la Salle.

[2] Bibliothèque Nationale de Malte, AOM 2969, Preuves de noblesse de Maurice et François de Lesmeleuc dits de la Salle.

[3] Il s’agit très probablement du  Jehan de Lesmeleuc cité dans la reformation du 9 mars  1536 à Andel.

[4] AD22, H519 rapport de visite d’améliorissement en l’an 1605.

[5]Rentier, rolle et nomination en 1603″, AD22, H546.

[6] D’après Guillotin de Corson, Bulletin archéologique de l’association bretonne, 38e session tenue à Rennes en 1897, comptes- rendu page 515. G. de Corson mentionne la source AD 86 3H 579 (sans doute 3 H1 579).

[7] A l’origine siège de la juridiction de l’évêque de Paris.

[8] Guillotin de Corson, Bulletin archéologique de l’association bretonne, session de Quimper, pages 130 à 182. G. de Corson mentionne comme sources AD86 3 H 29 ?  et 3H 579 (3H1 579).

[9] François Dumont, Inventaires des arrêts du conseil privé d‘Henri III et d’Henri IV, Paris, Editions du CNRS,  tome 2, fascicule 2 qui couvre la période 1603-1608, 1976 : arrêt 6689.

 

[10] Bulle de conciliation du grand maître, AD22 H582.




 

 

 

 

Armes : de gueules à l’épervier d’or, accompagné de 3 coquilles d’argent.

 

Dessin Alain Berdé.

 

 






 


 



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