40 - Annexes concernant les commandeurs

A1 –

Abbé de Vertot, Histoire des chevaliers Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, nouvelle édition augmentée des statuts de l’Ordre, tome sixième, Paris, Compagnie des libraires associés, 1771.
Les dits statuts sont ceux révisés lors du chapitre de 1588, validés par le pape le 29 juin 1609. Ils sont traduits de l’édition Borgoforte de 1676.

A2 –

Ce jour trentième de mai mille-six-cent-quarante-deux Nicollas Roumoullin, notaire des juridictions de la Feuillée, Quimper-Corentin, Pont-Melvez et Palacret et autres lieux dépendant. Savoir faisons que, étant en nôtre demeure ordinaire à la ville de Guingamp, nous aurions été mandé et commandé par haut et puissant messire Jacques de Jalesnes, seigneur commandeur d’Ansigny, et messire Ollivier Budes, seigneur commandeur d’Ozon, de les accompagner jusques au manoir du Palacret, principale demeure des seigneurs chevaliers commandeurs des dites commanderies de la Feuillée, Palacret, Pont-Melvez, Quimper- Corentin et leurs dépendances. Et y étant rendu de compagnie aurait été aussi mandé Yves Godest, aussi notaire des dites juridictions. Comme aussi aurions trouvé Jan Le Ravet et Louis le May, jardiniers du jardin du dit manoir et ses appartenances. Et en nos présences le dit seigneur de Jalesnes, lieutenant de Monsieur le Maréchal de Brézé au gouvernement de la ville et château d'Angers, capitaine entretenu à la marine, lequel a déclaré être pourvu de la dite commanderie de la Feuillée et ses dépendances dont est mort, saisi et possesseur, haut et puissant Messire René de Saint-Offange, chevalier du même ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Et a requis au dit seigneur, commandeur d’Ozon, de voir et considérer ses lettres et bulles de provision des dites commanderies, qu’il en a l’endroit apparus portant date du douzième du mois d’octobre dernier, dûment garanties, signées Luca Bonus[Le Bon] coadjutor vis cancellarius, où est le sceau du dit Ordre attaché. Et après les avoir vues et murement considérées de mettre et induire en la réelle et actuelle possession des dites commanderies. A commencer par le manoir du Palacret et a continuer comme besoin sera ci-après.
Ce que le dit seigneur, commandeur d’Ozon, ayant fait et déclaré avoir pleine connaissance des dites lettres et de leur teneur. Il a fait commandement aux dits Le Ravet et May, jardiniers susdits, de faire ouverture tant de la dite chapelle, manoir et leurs dépendances, ce qu’ils ont fait. Et ayant ouvert la dite chapelle y avons entrés de compagnie, où le dit seigneur de Jalesnes a fait le signe de la croix, pris de l’eau bénite et d’icelle aspergé le dit seigneur commandeur d’Ozon et sous-dits notaires. Puis aurait allumé un cierge de cire jaune et icelui posé sur le principal autel de la dite chapelle. Et de là se serait mis à genoux devant le crucifix et rendu grâces à Dieu et baisé l’autel. Et de là se serait retiré à la porte de la dite chapelle, et sonné la cloche. Et ce fait avons entré par la principale porte de la dite maison en la cour, et nous a été pareillement ouverte la porte de la principale maison. Et entré en la salle où il a fait faire feu et fumée. Et de là a été conduit au jardin du dit manoir par la porte qui répond sur la cour du dit manoir, où le dit seigneur de Jalesnes a rompu bois branches et seul s'y est promené et y a fait toutes sortes d’actes dénotant bonne et valable possession prendre et y est demeuré seul et pacifique possesseur sans trouble ni empêchement de personne.
De quoi le seigneur de Jalesnes nous a requis lui délivrer acte de lui valoir et servir comme appartiendra. De quoi nous, notaire, lui avons accordé le dit jour trentième mai mille-six-cent-quarante-deux, temps avant midi.
Et ont signé sur la minute : Ollivier Budes, commandeur d’Ozon, et pareil de Jalesnes, commandeur de la Feuillée, et d’Ansigny, Roumoullin, notaire, Y Godest, notaire, la dite minute vers lui demeure.

A3 -

 Généalogie de René de Saint-Offange et de sa famille.
Principales sources : Noms et blasons de tous les chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem du Grand Prieuré d’Aquitaine, BNF FR32402 et 32404.
Revue de l’Anjou, Nouvelle série, 1ere et 2eme livraison janvier et février 1891, tome XXVII.

Nous ignorons ce que fut le parcours du frère Charles de Saint-Offange, sieur de la Roche,  au sein de l’Ordre. Le procès-verbal des preuves de noblesse de Guy d’Aloigny de Boismorand  (bibliothèque nationale de Malte, AOM 2299) mentionne sa présence, le 5 mai 1625, lors de la réunion du Chapitre provincial à Poitiers, réunion au cours de laquelle furent désignés les commandeurs chargés d’établir ces preuves. Le 23 juillet 1625 il est encore présent lorsque fut reçu le dit procès-verbal à l’Hôtel Saint-Georges à Poitiers.


Les trois frères ligueurs, Artus, François et Amaury occupèrent en 1585 la forteresse de Rochefort-sur-Loire. Cette forteresse leur permit de résister à l’assaut des troupes royales en 1590, de tenir la région et, depuis ce point fortifié, de mener de multiples attaques et ce jusqu’à la ville d’Angers. François fut fait prisonnier, le 13 février 1590, avec son cousin Claude, prieur de Saint-Rémy-la-Varennes. Il sera de nouveau capturé, à Clisson, en 1595. Il sera chaque fois libéré en échange d’otages capturés par ses frères Artus et Amaury. Artus sera tué au combat dans la nuit du 14 au 15 mai 1590, à Saint-Rémy-la-Varenne. En 1598, le roi accepta la soumission de François et Amaury, ils furent totalement amnistiés et reçurent jusqu’à leur décès des pensions payées sur la cassette du roi.


A4 –

André du Chesne, géographe du roi
Histoire généalogique de la maison Chasteigner- seigneurs de la Roche-Pozay, de Saint-Georges de Rexe, de Lindoys, de la Rochefaton et autres lieux, Paris, chez Sébastien Cramoisy, 1634.



A5 –

Pour justifier leur absence hors du royaume de France, dans leur aveu au roi, les commandeurs utilisent fréquemment la formule suivante, ou une formulation similaire, que nous avons extraite de l’aveu au roi rendu par René de Saint-Offange le 20 mars 1631 (AD22, H516) : ″Bien cognoist que à cause de son Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, dont il est chevalier, il est tenu lors et quand que monseigneur le Grand-Maître du dit Ordre, son supérieur, lui commande d’aller en guerre, tant par mer que par terre, en compagnie des autres chevaliers du dit Ordre, pour la défense de la foi catholique contre les turcs infidèles et ennemis d’icelle et de la chrétienté. Et y exposer sa vie quand la nécessité le requiert. Et quand il est en repos, demeurant et vivant sur son bien et commanderie, il est tenu payer la responsion à son Ordre, pour payer à soldoyer les soldats et gens de guerre qui, journellement, travaillent et guerroient pour la défense de la foi catholique en compagnie des chevaliers du dit Ordre″.

A6 -

Mémoire de Pierre de Keramborgne
Etabli en 1444, destiné à une enquête sur l’usement de quévaise, transcrit par Jeanne Laurent dans son ouvrage Un monde rural en Bretagne au XVe siècle : la quévaise, Paris , SEVPEN, 1972, P281, AD22, série H Ordre de Malte.

A7 –

Quelques Keramborgne cités au XVe siècle :
Roland et Jehan de Keramborgne, le premier avec 13 écuyers et le second 12 pour accompagner le roi au siège de Soissons et Compiègne en 1414 (Dom Morice, Preuves, tome 2, extrait du sixième compte de Hemon Raguier, trésorier des guerres du duc de Bretagne).
Pierre de Keramborgne, au service du roi avec 12 écuyers, en 1425 (Dom Morice, Preuves).
- Merien de Keramborgne, décédé en février 1441 au manoir de Kerdalain, époux de Catherine de Guicaznou.
- Jean de Keramborgne, fils de Merien et Catherine de Guicaznou, époux d’Anne Loz.
- Guillaume de Keramborgne, fils de Jean et d’Anne Loz, époux de Catherine de Coetvoult.
(source principale : en 1442, minu de Guillaume de Keramborgne à l’abbé de Bégard, suite au décès de son aïeul Merien, pour les terres, rentes et possessions d’héritage qu’il tient en fief lige des abbés de Bégard, AD22, 1H Bégard).
François de Keramborgne, un des douze coustilleurs de l’ordonnance du duc en 1480 (Alexandre de Couffon de Kerdellech, Recherches sur la chevalerie du duché de Bretagne,Nantes,Vincent Fonest, 1877).

A8 –

 Eléments de la généalogie des Boiséon de Penvenan
Nous ne disposons pas d’élements pour savoir si les Boiséon issus de Lanmeur et ceux issus de Penvenan ont un ancêtre commun ou s’il s’agit d’homonymes. Au XVe siècle le premier est parfois noté de Boisyvon. Alain de Boiséon (Penvenan) est mentionné comme fils de Guillaume de Boiséon et de Jehanne Baillifle ; Alain de Boiséon, époux de Constance de Trolong, aurait eu pour enfants Yvon, Charles, Guillemette, Clémence, Anne. Yvon de Boiséon aurait épousé, le 7 août 1500, Catherine de Quelen. Sources : Hervé Torchet, Manuscrit Le Borgne ; R Le Martret, Manuscrit de Keroulas ; Hervé et Youen de Quelen, Généalogie de la maison de Quelen, Publibook, 2005.

A9 –

 Dom Morice
Mémoires pour servir de preuves à l’histoire ecclésiastique et civile de Bretagne, Paris-Charles Osmont, tome II, 1744.

A10 –

 Comte de Rosmorduc
Reformation de la noblesse 1668-1671, tome 1, 1896.
Lettres et mandements de Jean V, duc de Bretagne publiés avec notes et introduction par René Blanchard, 1889-1895.

A11 –

 Extrait des plaids généraux de Carhaix 
de 1454 à 1458, AD22, H547.
Procédure engagée par Jehan Kerdaniel, procureur d’Alain de Boiséon : les officiers de la juridiction de Carhaix réclament que le commandeur, à chaque plaids généraux qui suivent la fête de la nativité de saint Jean-Baptiste, présente une nouvelle procuration du prieuré et chapitre d’Aquitaine et verse cinq sols monnaie pour service de jugement. A chacun des plaids, de 1454 à 1458, la décision est reportée : le représentant du commandeur conteste ce droit arguant des privilèges des Hospitaliers. Une telle obligation s’avèrerait onéreuse. Elle devrait être acquittée chaque année et ce devant chacune des barres des juridictions ducales couvrant l’ensemble des possessions de la Commanderie de la Feuillée.
Lors des plaids généraux du 19 mai 1458, ″le dit Kerdaniel au dit nom a exhibé et apparu une lettre missive dont la teneur s’en suit et est lieul à nos amés et féaux conseillers, nos sénéchaux, alloués, baillis et procureurs de Cornouaille et de Kerahes [Carhaix] et à chacun d’eux de par le duc. Nos amés et féaux, notre amé et féal Alain de Boiséon, commandeur de la Feuillée, de l’ordre de Jehan de Jérusalem, nous a dit et exposé que présentement il entend commencer et faire le Saint-Voyage. Exposant sa personne et certain sien navire et autres ses biens à l’encontre des infidèles. Requérant pendant son dit voyage. Il nous plait lui donner état en ses causes. Ce que lui avons octroyé au regard de celles qu’il a pendantes es juridiction contre nous et nos officiers ou autrement. Ainsi que nos dites lettres d’état, le présent plus à plein et desquelles voulons qu’il jouisse pleinement et paisiblement. Au parsus nous, en faveur du Saint-Voyage, lui avons octroyé que estoit membres ou dépendances de sa dite commanderie et mêmement un lieu nommé Maël et Louch et autres qui sont ou étaient empêchés de par nous ou nos dits officiers (…) soit levé et ôté et ce que ainsi lui aurait été empêché lui soit mis au délivré(…).
Ci vous mandons (…) laisser le dit chevalier jouir et user du dit octroi (…).
Ainsi se voulant nos amés et féaux, le seigneur nous ai en sa garde.
Ecrit en notre ville de Nantes le dix-neuvième jour d’avril 1458 après Pâques.
Ainsi signé Artur Ecrit de la main du duc.
Laquelle lettre a été vue et lue en jugement et sa copie collationnée. Déclarée valoir l’original aux dits dessus nommés es dits noms(…) ″.
Remarque : Pocquet du Haut Jussé, dans son ouvrage Le pape et les ducs de Bretagne (Spezet, 2000, P454-455), mentionne ce même voyage dans les termes suivants : ″ En 1458 Alain de Boiséon arma un vaisseau pour combattre les Turcs ; la chancellerie ducale lui délivra, à cette cause, des lettres de surséance (Morice, Preuves, tome II, c 1715)″.
Pocquet du Haut Jussé enjolive donc un peu les faits : les preuves de Dom Morice citées mentionnent uniquement ″ le 2 janvier 1457, furent scellées des lettres d’état à l’attention de messire Alain de Boiséon″. Aucune information quant au sujet n’étant mentionnée le renvoi de Pocquet du Haut Jussé a donc dû s’appuyer sur d’autres documents non cités.

A12 –

Alain de Boiseon et son tombeau
″Les seigneurs du Boiseon sont et ont esté de tout temps les premiers preeminanciers en l’eglize parrochiale dud. lieu [Lanmeur], auquel le tombeau d’Allain de Boyseon, chevallier de Rhodes, est eslevé de trois à quatre piedz (…)″. Extrait d’un acte daté du 8 mai 1466 publié par le Comte de Rosmorduc, Reformation de la noblesse 1668-1671, tome 1, 1896.
Communication A. Y. Bourgès : dans le cadre d'une enquête de notoriété, faite en 1623 sur Pierre de Boiséon, seigneur de Coatinizan, le doyen de Lanmeur, Yves Arrel, par ailleurs ligueur repenti et lointain cousin du dit Boiséon, témoigne des différentes prééminences de ce dernier dans l'église du lieu et mentionne notamment un " droit de tumbe au chœur de ladite église comme il s’en void encore a présent une eslevée ou est enterré l’un de ses prédecesseurs, chevalier de Rhodes de l’an mil quatre cens soixante neuf et qu’en icelle est le cœur de dame Jeanne de Rieux, femme dudit sieur de Coetinizan", ADIV, 23 J 54, page 73.

A13 –

 Archives de l’abbaye de Bégard : AD22, 1H Bégard
Archives Vaticanes : L557, folio 302, mentionné dans le Bulletin diocésain d’histoire et d’archéologie de Quimper, 1914, p 154.
Le résumé de ce document, fréquemment repris par ailleurs, donné par le Comte de Rosmorduc (Reformation de la noblesse 1668-1671), nous paraît donc fautif.

A14 -

 Attribution de la commanderie de Bagneux à Alain de Boiséon par le pape Eugène IV
Pocquet du Haut Jussé, Le pape et les ducs de Bretagne, Spezet, 2000, P454-455. Archives vaticanes, Latran 385, f.248.vo.

A15

- Généalogie de Lanmeur/ de Coetredrez/ de Boiséon


A16 -

D’après le témoignage de Jehan Bidault, sous-garde pour le roi de Huelgoet et autres forêts de Cornouaille, natif de Plougasnou (Jeanne Laurent, La quévaise, p389) : ″ Après le décès de Dom Guillaume Le Roi, vicaire de la Feuillée, Nicolas et Pierre de Bouteville sont venus solliciter, leur cousin, le commandeur, pour qu’il accorde le vicariat de la Feuillée à leur frère Charles ″.
Charles de Bouteville était le fils d’Isabeau de Penhoet, sœur de Béatrice de Penhoet, mère du commandeur Alain de Boiséon.
Dans les actes du Saint-Siège (Archives Vatican, Lat 576, folio 92), on relève que le 5 novembre 1461 Charles de Bouteville, vicaire perpétuel de l’église de la Feuillée ayant été pourvu de la paroisse de Languidic, au diocèse de Vannes, une pension de 60 livres est assignée sur cette paroisse au profit d’Yves Bouteville, maître ès-arts, sur les prières d’Alain, cardinal de Sainte-Praxède. L’archevêque d’Auch et les officiaux de Quimper et de Vannes sont chargés de l’exécution.

A17 –

Du fait de sa fonction de fonction de receveur et procureur général de son Ordre on le découvre intervenant dans diverses affaires :
Mémoire signifié pour frère Ourse-Victor Tambonneau, bailli, grand-croix de l’ordre de Saint Jean de Jérusalem, receveur et procureur général de son Ordre au grand-Prieuré de France, intervenant, et frère Louis-Vincent Dubouchet de Sourches de Montsoreau, commandeur de Villedieu-les-Poëles, demandeur contre messire Charles-Philippe Desbordes […] seigneur de Chalandu et Duplanty, défendeur (Taboué, imprimerie de veuve d’Houry, 1738).
Mémoire signifié pour frère Ourse-Victor Tambonneau, administrateur de la commanderie d’Ivry-le-Temple, contre Jacques de Lastre et autres créanciers du sieur commandeur de Graville (Cochin, imprimerie de veuve d’Houry, 1734).

A18 -

  

Léonor de Beaulieu de Bethomas et la marine royale française :

 Par sa très importante implication dans la marine française transparaît la possibilité de cumul, même à des fonctions n’ayant aucun rapport avec l’Ordre.

Divers ouvrages fournissent des éléments sur la présence de Bethomas dans la marine :

  • Auguste Jal, Abraham Duquesne et la marine, Paris, Plon éditeur, tome 2, 1873, pp 240, 244, 489, 499.

  • Eugène Sue, Histoire de la marine française,- XVIIe siècle Jean Bart, Paris, Félix Bonnaire éditeur, tome 3, 1856.

     

    Bataille de Palerme le 2 juin 1676 :

     La flotte quitte Messine le 28 mai 1676 à destination de Palerme où se trouve la flotte hispano-hollandaise comprenant 27 vaisseaux, 19 galères et 4 brûlots, protégée en outre par les forts de Palerme. La flotte est dirigée par le maréchal de Vivonne est composée de 29 vaisseaux, 25 galères et 9 brûlots. Elle est partagées en trois escadres : l’avant-garde est sous le commandement de Duquesne qui est sur le vaisseau Le Parfait ; l’escadre du corps de bataille est commandée par de Vivonne sur le Sceptre ; quant à l’escadre d’arrière-garde elle est commandée par Jean Gabaret. De Bethomas est capitaine d’une galère. Le marquis de la Villette (capitaine du vaisseau l’Assuré  dans l’escadre du corps de bataille) note dans le rapport qu’il fit de la bataille : ″j’ai remarqué avec beaucoup de plaisir que leurs galères [de messieurs de Bethomas et de la Bretèche] paraissoient dans tous les endroits où le danger et le feu estoient les plus grands″.

    La Gazette de France des 16 juin et 23 juin 1676 indique :″Le chevalier de Betomas commande sept galères au combat naval gagné le 2 juin par le maréchal de Vivonne sur la flotte combinée d’Espagne et de Hollande. Il s’y distingue extrêmement  ainsi que le sieur de Beaulieu″.

     

     

    Le bombardement de Gênes :

    Louis XIV ayant décidé de châtier république de la ville de Gênes, plusieurs raisons sont mises en avant : avoir livré des armes aux corsaires barbaresques, avoir fourni des galères à la marine espagnole, probablement affaiblir un concurrent  commercial. Le 5 ou 6 mai 1684 la flotte française commandée par Duquesne quitte Toulon. Elle comprend 13 vaisseaux, 20 galères et 10 galiotes à bombes. Elle arrive devant Gênes le 17 mai au soir. La ville va être bombardée pendant plus de cinq jours. Des capitaines des vaisseaux et galères vont prendre la tête d’un débarquement de 2500 hommes à l’ouest de la ville assiégée. Près du phare monsieur de Tourville suivi de monsieur de Bethomas se positionnent sur le chemin par lequel  doivent passer les espagnols chassés par monsieur de Lhéry du pont où ils tentaient d’interdire l’entrée des français dans la ville de Gênes. La ville s’étant rendue il lui est imposé de fournir à la France les quatre coques des galères en construction pour l’Espagne,  de lui en armer une et surtout que les représentants de la république de Gênes se rendent à Versailles pour obtenir le pardon de Louis XIV.

     

     

    1689 Léonor de Beaulieu de Bethomas est toujours à Toulon et participe à une sortie des galères en méditeranée :

    L’ouvrage de Bertrand Jestaz, consacré au  récit du  Voyage en Italie de Robert de Cotte (Paris, éditions E. de Boccard, 1966, P 160) nous en donne petit aperçu.  Robert de Cotte fut entrepreneur des bâtiments sur les dessins de Mansard dont il a épousé la belle sœur, il se consacre en 1684 à l’architecture des bâtiments du roi, en 1688 en l’absence de Mansard, il réalise les dessins du péristyle du Trianon.

    Du récit de Robert Cotte j’ai relevé l’extrait suivant alors qu’il vient d’arriver à Toulon  à destination de Gênes : ″J’estois porteur d’un lettre que le roy avoit fait écrire en ma faveur pour mondit seigneur duc de Chaulne …il me fit distribuer pour mon passage sur la galler[galère] de Mr le chevalier de Sigueran appelé la Fière…Nous sortismes de la rade le 11 septembre[1689]… il n’y avait que 20 galler… L’on fit ce jour 120 mille et l’on put mouiller à Agaye[commune de Saint-Raphael]. Les 8 gallère qui estoit party quelques jours devant, commandé par Mr de Breteuil, se joignirent à nous en chemin…Nous continuasme chemin… L’on découvrit un vaisseau et une tartanne. Mr de Betomas [Léonor de Beaulieu de Béthomas], qui commandait l’esle [l’aile] droite fut détaché pour donner la chasse à ces bastiments. Nous estions dans le nombre des commandés. L’on fut trois grandes heures à les approcher ; l’on découvrit que c’estoit des bastiment gennois…″.

     

    Le 7 juin 1692 la Gazette de France mentionne que :″ Le chevalier de Bethomas est mentionné comme étant de l’expédition d’Oneille [aujourd’hui Imperia sur la côte méditerranéenne à l’est de San-Remo]et l’un de ceux qui s’emparèrent de cette ville″.


 
 

A19-

Essai simplifié de représentation de la généalogie de Jean-François du Bouilly Turcant 
 
 


Le présent arbre de descendance met en avant l’adjonction du suffixe Turquant au patronyme Bouilly. René du Bouilly, époux de Janne Le Chevoir, fut adopté par son oncle Jean Turquant, seigneur d’Aubeterre en Châtelleraudais. Par testament en date du 16 mai 1671 il prit les nom et armes de son oncle. Quant à la seigneurie de Resnon elle fut apportée par Sainte-Renée Allaneau lors de son mariage avec Gilles du Bouilly. 
 
  

A 20-

Séisme de Sicile et Calabre de 1783
 
Un récit détaillé de ce séisme nous est donné par Déodat de Dolomieu dans son ouvrage Mémoire sur le tremblement de terre de la Calabre pendant l’année 1783(Rome chez Antoine Fulgone, 1784). Déodat de Dolomieu est un géologue et minéralogiste français, mais également chevalier de l’ordre de Malte. Il est connu, entre autres, pour avoir donné son nom à la roche la dolomie. En 1784, peu de temps après le séisme de 1783 il parcourut les zones dévastées avec l’objectif de tenter de comprendre les dégâts occasionnés.
  

A 21-

Récit de la mission de secours de l’ordre de Malte auprès des sinistrés du séisme de 1783 en Sicile et Calabre 
 
Louis de Boisgelin, chevalier de Malte, participa sous les ordres du bailli de Freslon à l’expédition de Messine. Dans on ouvrage Malte ancienne et moderne (à Paris, chez Madame Hocquart, 1809, tome III, p.p. 94-110), il fait le récit de cette expédition.
Dans le fonds Freslon aux archives départementales de l’Ille-et-Vilaine sont conservées les copies des courriers échangés entre le grand-maître de l’Ordre et le bailli Alexandre-Louis-Hugues de Freslon au cours de la mission de secours aux sinistrés du séisme, ainsi que celles des autorités locales. Seules ces lettres nous donnent un aperçu complet de cette expédition. Outre les difficultés politiques de la mission elles font ressortir les précautions prises, pendant et après la mission, pour éviter l’éventualité de propagation d’une épidémie au retour sur l’Ile de Malte. Le rôle financier des commanderies est mis en avant dans cette mission : le général des galères s’appuyant sur les commanderies locales afin d’obtenir des fonds qu’il distribue aux autorités ecclésiastiques pour que ces dernières puissent assurer les secours aux sinistrés.
Lettres du grand-maître des 22 février, 12 mars, 15 mars, 29 mars.
Lettre du bailli de Freslon :
 De Vintimille, près de Reggio de Calabre le 27 février.
De Messine avant le 11 mars, le 18 mars, le 23 mars.
De Vintimille le 26 mars.
 
Lettres diverses pour le bailli:
 Alberto Capoblanco, archevêque de Reggio au bailli.
Don Francisco Pignatelli, chargé par le roi de Naples des secours en Calabre, les 3 et 15 mars.
Le marquis de Caraccioli, vice roi de Sicile, le 17 mars.
Le bailli de Requesens le 18 mars.

A 22-

Châteaubriand et son autobiographie Mémoires d’outre tombe.
 
Extrait : ″Après ma présentation à Louis XVI, mon frère songea à augmenter ma fortune de cadet en me nantissant de quelques-uns de ces bénéfices appelés bénéfices simples. Il n'y avait qu'un seul moyen praticable à cet effet, puisque j'étais laïque et militaire, c'était de m'agréger à l'ordre de Malte. Mon frère envoya mes preuves à Malte, et bientôt après il présenta requête en mon nom, au chapitre du grand-prieuré d'Aquitaine, tenu à Poitiers, aux fins qu'il fût nommé des commissaires pour prononcer d'urgence. M. Pontois était alors archiviste, vice-chancelier et généalogiste de l'ordre de Malte, au Prieuré.
 
Le président du chapitre était Louis-Joseph des Escotais, bailli, grand-prieur d'Aquitaine, ayant avec lui le bailli de Freslon, le chevalier de La Laurencie, le chevalier de Murat, le chevalier de Lanjamet, le chevalier de La Bourdonnaye-Montluc et le chevalier du Bouëtiez. La requête fut admise les 9, 10 et 11 septembre 1789. Il est dit, dans les termes d'admission du Mémorial, que je méritais à plus d'un titre la grâce que je sollicitais et que des considérations du plus grand poids me rendaient digne de la satisfaction que je réclamais.
 
Et tout cela avait lieu après la prise de la Bastille à la veille des scènes du 6 octobre 1789 et de la translation de la famille royale à Paris ! Et, dans la séance du 7 août de cette année 1789, l'Assemblée nationale avait aboli les titres de noblesse ! Comment les chevaliers et les examinateurs de mes preuves trouvaient-ils aussi que je méritais à plus d'un titre la grâce que je sollicitais, etc., moi qui n'étais qu'un chétif sous-lieutenant d'infanterie inconnu, sans crédit, sans faveur et sans fortune ?
 
Le fils aîné de mon frère (j'ajoute ceci en 1831 à mon texte primitif écrit en 1811), le comte Louis de Chateaubriand, a épousé mademoiselle d'Orglandes, dont il a eu cinq filles et un garçon, celui-ci nommé Geoffroy. Christian, frère cadet de Louis, arrière-petit-fils et filleul de M. de Malesherbes, et lui ressemblant d'une manière frappante, servit avec distinction en Espagne comme capitaine dans les dragons de la garde, en 1823. Il s'est fait jésuite à Rome. Les jésuites suppléent à la solitude à mesure que celle-ci s'efface de la terre. Christian vient de mourir à Chieri, près Turin : vieux et malade, je le devais devancer ; mais ses vertus l'appelaient au ciel avant moi, qui ai encore bien des fautes à pleurer. Dans la division du patrimoine de la famille, Christian avait eu la terre de Malesherbes, et Louis la terre de Combourg. Christian ne regardant pas le partage égal comme légitime, voulut, en quittant le monde, se dépouiller des biens qui ne lui appartenaient pas et les rendre à son frère aîné.
 
A la vue de mes parchemins, il ne tiendrait qu'à moi, si j'héritais de l'infatuation de mon père et de mon frère, de me croire cadet des ducs de Bretagne, venant de Thiern, petit−fils d'Alain III. 
Ces dits Chateaubriand auraient mêlé deux fois leur sang au sang des souverains d'Angleterre, Geoffroy IV de Chateaubriand ayant épousé en secondes noces Agnès de Laval, petite−fille du comte d'Anjou et de Mathilde, fille de Henri Ier ; Marguerite de Lusignan, veuve du roi d'Angleterre et petite-fille de Louis-le-Gros, s'étant mariée à Geoffroy V, douzième baron de Chateaubriand. Sur la race royale d'Espagne, on trouverait Brien, frère puîné du neuvième baron de Chateaubriand, qui se serait uni à Jeanne, fille d'Alphonse, roi d'Aragon. Il faudrait croire encore, quant aux grandes familles de France, qu'Edouard de Rohan prit à femme Marguerite de Chateaubriand ; il faudrait croire encore qu'un Croï épousa Charlotte de Chateaubriand. Tinténiac, vainqueur au combat des Trente, du Guesclin le connétable, auraient eu des alliances avec nous dans les trois branches. Tiphaine du Guesclin, petite-fille du frère de Bertrand, céda à Brien de Chateaubriand, son cousin et son héritier, la propriété du Plessis-Bertrand. Dans les traités, des Chateaubriand sont donnés pour caution de la paix aux rois de France, à Clisson, au baron de Vitré. Les ducs de Bretagne envoient à des Chateaubriand copie de leurs assises. Les Chateaubriand deviennent grands officiers de la couronne, et des illustres dans la cour de Nantes. Ils reçoivent des commissions pour veiller à la sûreté de leur province contre les Anglais. Brien Ier se trouve à la bataille d'Hastings : il était fils d'Eudon, comte de Penthièvre. Guy de Chateaubriand est du nombre des seigneurs qu'Arthur de Bretagne donna à son fils pour l'accompagner dans son ambassade de Rome, en 1309.
 
Je ne finirais pas si j'achevais ce dont je n'ai voulu faire qu'un court résumé : la note [Voyez cette note à la fin de ces Mémoires] à laquelle je me suis enfin résolu, en considération de mes deux neveux, qui ne font pas sans doute aussi bon marché que moi de ces vieilles misères, remplacera ce que j'omets dans ce texte. Toutefois, on passe aujourd'hui un peu la borne ; il devient d'usage de déclarer que l'on est de race corvéable, qu'on a l'honneur d'être fils d'un homme attaché à la glèbe. Ces déclarations sont-elles aussi fières que philosophiques ? N'est-ce pas se ranger du parti du plus fort ? Les marquis, les comtes, les barons de maintenant, n'ayant ni privilèges ni sillons, les trois quarts mourant de faim, se dénigrant les uns les autres, ne voulant pas se reconnaître, se contestant mutuellement leur naissance ; ces nobles, à qui l'on nie leur propre nom, ou à qui on ne l'accorde que sous bénéfice d'inventaire, peuvent-ils inspirer quelque crainte ? Au reste, qu'on me pardonne d'avoir été contraint de m'abaisser à ces puériles récitations, afin de rendre compte de la passion dominante de mon père, passion qui fit le noeud du drame de ma jeunesse. Quant à moi, je ne me glorifie ni ne me plains de l'ancienne ou de la nouvelle société. Si, dans la première, j'étais le chevalier ou le vicomte de Chateaubriand, dans la seconde je suis François de Chateaubriand ; je préfère mon nom à mon titre…″.
 

A23 –

Etats de Bretagne séance du 12 novembre 1776 à Rennes
 
Extraits : ″ … le chevalier de Bouëtiez, est depuis 17 ans dans l’ordre de Malte, il a fait ses vœux, est officier au régiment de Brie. Il a reçu à l’affaire de Saint-Cast, en 1758, un coup de fusil au travers du corps. Il a reçu un autre au combat en faisant ses caravanes dans les galères de Malte…Il est dans le cas de mériter particulièrement l’intérêt de l’Assemblée… ont ordonné et ordonnent … le chevalier de Freslon fera valoir leurs recommandations pour MM. le chevalier de la Bouëtiez et de la Moussaye chevaliers de Malte…″

A24 –

 AD44 C art 454
Assise des Etats Généraux ordinaire du Pays et duché de Bretagne convoqués et assemblés par autorité du roi en la ville de Rennes au vingt-sixième jour du mois d’octobre mille-sept-cent-soixante-dix-huit suivant les lettres patentes de sa majesté donnés à Marly le douzième du dit mois d’octobre. La dite assise tenue dans l’une des salles du couvent des religieux cordeliers de la dite ville de Rennes et où se sont trouvés les trois ordres.
Représentants de l’Église : les 8 évêques, 8 abbés et 9 députés des chapitres
Parmi les nobles qui représentent Rennes se trouvent :
Alexandre-Louis-Hugues chevalier Freslon de la Freslonnière
Gabriel Jean-Baptiste chevalier de Freslon
Alexis-François-Marie-Joseph Freslon de la Freslonnière
Jean-Emmanuel-René Freslon de Saint-Aubin
Gabriel Freslon de Saint-Aubin
Gabriel Jean-Baptiste chevalier de Freslon
Je n’ai pas relevé les noms des représentants du clergé ni du tiers état.
Monsieur le chevalier Freslon fut nommé et député par délibération des États Généraux du 11 novembre 1776 pour témoigner à Monseigneur le prince de Rohan et grand-maître de la Religion [ordre de Malte] toute la part que les trois ordres avaient pris à son élection et exprimer en leur nom à son altesse éminentissime les sentiments dont ils sont pénétrés pour sa personne, pour son illustre maison, ayant fait le rapport de sa députation et représenté la lettre écrite aux Etats par le grand maître.
Les Etats ont unanimement remercié Monsieur le chevalier Freslon de la manière distinguée avec laquelle il a rempli l’objet de la députation dans laquelle ils l’avaient chargé dans leur dernière assemblée, ordonnent que son rapport et la lettre que son altesse éminentissime leur a écrite seront déposés au greffe et enregistrés sur la minute du procès-verbal de la présente tenue ce qui a été fait ainsi qu’il suit.
 
                             Messieurs
Après le bonheur de défendre les intérêts de la Province il n’est point de satisfaction plus grande que celle d’exécuter les ordres qu’elle nous donne. Je devrais donc Messieurs, commencer le rapport que je vais avoir l’honneur de vous faire par des remerciements, mais trouverais-je des expressions pour vous parler de ma reconnaissance, lorsque je doute encore si j’ai rempli au gré des Etats la mission dont vous m’avez honoré ?
Vous vous rappellerez Messieurs, que par votre délibération du 11 novembre 1776 vous arrêtates qu’il serait député un membre des Etats vers le grand-maître de Malte, né Rohan, pour le féliciter en votre nom sur son élévation au magistère de son Ordre.
Malgré mon empressement à exécuter, et à exécuter sans délais, les ordres de la Province, les obstacles de la mer se sont opposés à ce que j’aie pu arriver à Malte avant le 16 avril [1777]. J’y ai été reçu Messieurs, par le souverain vers lequel vous m’avez envoyé avec toute la distinction et tout l’éclat que vous avez droit de prétendre. Trois de ses principaux officiers sont venus le lendemain de mon arrivée me prendre au palais au palais qui m’avait été assigné pour demeure et dans un carrosse à six chevaux je me suis rendu, accompagné par eux, à l’audience du grand-maître qui m’attendait entouré de ses officiers et d’un grand nombre de chevaliers de toutes les langues.
J’ai remis, Messieurs, à votre compatriote la délibération des Etats et dans le discours que je lui ai adressé j’ai tâché d’exprimer les sentiments dont vous m’avez paru pénétrés pour sa personne, pour sa maison, pour son Ordre.
Le grand-maître, Messieurs, me répondit avec sensibilité et lorsqu’il me dit que rien ne pouvait ajouter aux sentiments d’attachement et de reconnaissance qui pour les bretons étaient gravés dans son cœur au son ému de la voix il me fut facile de m’apercevoir que le cœur lui-même avait prononcé les paroles.
Votre député, Messieurs, fut reconduit chez lui avec le même cortège et dans les jours suivants l’on n’a rien épargné pour lui rendre le séjour de Malte agréable. Il a même eu l’honneur d’être admis à la table du grand-maître et on ne lui a pas laissé ignorer que la délibération des Etats avait été enregistrée à la chancellerie de l’Ordre.
Le lendemain de cette première audience je demandai, Messieurs, une seconde au grand-maître pour lui recommander de votre part ainsi que vous me l’aviez ordonné par votre délibération du 12 novembre 1776, Monsieur le chevalier du Bouetiez et Monsieur le chevalier de la Moussaye. Le grand maître me répondit que malgré le désir qu’il aurait dans tous les temps de faire des choses qui vous seraient agréables il ne pouvait verser ses grâces sur des chevaliers qui vu leur extrême jeunesse n’avaient encore été d’aucune utilité à l’Ordre et que Messieurs les chevaliers de la Moussaye n’ayant pas même fait leurs caravanes n’étaient pour cette raison susceptibles d’aucune grâce connaissant les lois et les statuts du Pays. Je me suis forcé de convenir, Messieurs, que votre intention avait sans doute été de faire de ces deux gentilshommes une mention purement honorable en attendant que leurs services vous autorisassent à les recommander utilement.
Les titres de Monsieur le chevalier du Bouetiez étaient, Messieurs, d’une nature à permettre à votre député de les exposer avec plus de confiance : blessé en servant la Province, blessé en servant la religion, il réunissait tous les droits à votre protection et j’ose vous l’assurer, Messieurs, je me pénétrais du zèle avec lequel vous venez au secours de vos concitoyens et avec lequel je fais que votre intention est que vos députés y viennent. Le grand-maître m’objecta que le chevalier de Bouetiez avait quitté Malte depuis quelques années et sur ce que je lui répliquais qu’il touchait au moment d’y reparaître, son altesse me dit alors que dans la supposition où il reprendrait le service de l’Ordre ce chevalier verrait saisir toutes les occasions qui se présenteraient de lui faire du bien.
A l’égard des autres chevaliers que vous m’avez chargé, Messieurs, de recommander collectivement aux bontés du grand-maître, ce prince m’a dit et répété plusieurs fois qu’il les invitait à venir à Malte mériter les grâces de l’Ordre. Mais que disposé à les faire rejaillir sur eux, il ne pouvait préférer les chevaliers bretons absents à d’autres chevaliers qui, pénétrés des devoirs de leur état, donnaient chaque jour sous ses yeux des preuves multiples d’un zèle soutenu et constant. C(est dans un de ces moments où la justice des réponses de son altesse éminentissime réduisait votre député au silence qu’elle lui a proposé de faire quelque chose en sa faveur et que pour ne pas s’écarter de la règle qu’elle s’est imposée de ne faire du bien qu’à ceux qui serviraient l’Ordre elle a paru désirer que je passasse au service de la religion, ce que j’ai accepté, Messieurs, avec d’autant moins de répugnance que je ne serai pas privé de l’honneur d’assister aux assemblées de la Nation et que la reconnaissance qui vous est due et l’amour de la patrie, sauront dans tous les temps rapprocher les distances.
En conséquence, Messieurs, le grand-maître m’a autorisé à vous dire qu’il me donnerait une commanderie lorsqu’il le pourrait et qu’il me ferait grand-croix lorsque j’aurai prononcé mes vœux. Je ne vous parle point, Messieurs, d’une pension dont le grand-maître a voulu gratifier votre député et donc sur mes instances respectueuses il a bien voulu promettre de disposer en faveur de tout autre. Son altesse s’est à cet égard rendue à l’objection que j’ai cru devoir lui faire qu’il ne suffisait pas que ma conduite fut en ce moment approuvée par elle mais que votre député vous devant compte de la sienne je pensais que des grâces honorifiques ou de la première espèce étaient seules faites pour un gentilhomme qui avait eu l’honneur d’être par vous envoyé vers elle.
Enfin, Messieurs, lorsque sur le point de rentrer en France j’ai pris congé du grand-maître son altesse a fait à votre député présent d’une boîte d’or ornée de son portrait et me donnant cette dernière marque de ses bontés elle m’a fait remettre une lettre pour les Etats que j’ai, Messieurs, l’honneur de vous présenter.
 
                    Malte le 2 mai 1777
Messieurs
La délibération que vous avez bien voulu prendre au sujet de mon élection est également flatteuse pour ma maison et pour ma personne et les expressions qu’y a joint en me la présentant le chevalier de Freslon, interprète de vos sentiments, ont augmenté ma juste sensibilité à une démarche qui m’est si honorable et si intéressante.
J’ai taché de faire ressentir à ce député tout le prix que j’attache à votre recommandation et je dois à ses qualités personnelles et à la façon dont il a rempli sa mission, de vous assurer, Messieurs, que vous ne pouviez mieux placer votre confiance ni mieux employer le crédit que vous avez sur moi.
Les chevaliers enfants de la Province qui serviront l’Ordre éprouveront également dans l’occasion tout l’intérêt que ma naissance me fait prendre à leur sort et mon attention pour celui qu’ils ont inspiré à un corps qui a tant de droits sur ma reconnaissance. C’est un sentiment que je me ferai toujours une gloire et un plaisir de vous prouver ainsi que ceux d’estime et d’attachement avec lesquels je suis. Messieurs
Votre affectueux serviteur le
grand-maître Signé Rohan
Sur l’enveloppe empreinte du sceau des armes de son altesse éminentissime, est écrit :
  à Messieurs, Messieurs des Etats de Bretagne
Suite à l’intervention précédente du chevalier Freslon devant les Etats Généraux tenus à Rennes le 26 octobre 1778 ( AD44 C454) les Etats ont de plus ordonné et ordonnent qu’il sera fait fond dans la présente tenue de la somme de quinze mille livres qu’ils ont accordée à Monsieur le chevalier de Freslon. Et ont chargé MM les présidents des ordres de faire part à MM les commissaires du roi de la satisfaction des Etats et de leur présente délibération. 
 
 

A25 –

Epitaphe de la pierre tombale de Jean-Denis-Gabriel Polastron de la Hillière, à la Valette, commandeur de Millau.

.



Relevé de l’épitaphe par M. L. de Mas Latrie, Archives, bibliothèques et inscriptions de Malte, Paris, Bibliothèque Impériale, 1857.

A26 –

Epitaphe de la pierre tombale de François-Marie-des-Neiges-Emmanuel de Rohan du Poulduc.



Tentative de traduction :

Au père bienfaisant et agréable aux pauvres l’éminent grand maître frère Emmanuel de Rohan.

Durant 21 ans, dans l’adversité  des temps difficiles de la République, par son administration prudente, il apporta une organisation nouvelle à son Ordre.

Et pendant le règne des changements,  il   préserva la paix par l’abondance, la foi par la justice, l’amour du peuple par la piété.

Il mourut le 13 juillet 1797 à l’âge de 72 ans.



A27 -


Bethomas quitte la marine en 1697

Courcillon de Dangeau (de) Philippe, Journal, Paris, Firmin Didot, Vol. 6  1696-1697-1698, p. 99.

Gazette de France, jeudi 11 avril 1697, page 99.

 


A28 -


Pourquoi Eléonor de Beaulieu de Bethomas bénéficie des faveurs du roi sollicité par Alexandre Bontemps :

Les historiographes ont tous mis en avant des liens de parentés entre les familles de Bethomas et Bontemps. Force est cependant de constater que peu ont apporté les preuves de leurs affirmations.

 

  • Léon Frémont, Revue de Champagne et de Brie : histoire, biographie, archéologie, tome 1er - deuxième série, Arcis sur Aube, 1889.

p.p . 241 à 259 notice sur l’abbaye d’Ivernaux par R. de Crèvecoeur .

 

Alexandre Bontemps est nommé le 30 juin 1642 abbé d’Ivernaux, il est alors âgé de seize ans. Il est le fils de Jean-Baptiste Bontemps premier chirurgien de Louis XIII puis son valet de chambre ; il sera anobli en 1650. Alexandre Bontemps, après son père, est nommé en 1652, premier valet de chambre du roi ; il deviendra l’homme de confiance du roi Louis XIV.

Alexandre Bontemps résigne sa charge d’abbé d’Ivernaux en 1656. Il aura pour successeurs trois de ses parents : un prêtre Barthelemy Maille, un clerc Jean de Beaulieu de Bethomas et enfin le frère de ce dernier Eleonor de Beaulieu de Bethomas commandeur de l’ordre de Malte.

 

  • Lebeuf (l’abbé), Histoire de tout le diocèse de Paris-Table analytique, Paris, Librairie de Fechez et Letouzey, Tome 5, p. 374, , 1883.

Jean de Beaulieu de Bethomas , clerc tonsuré d’Evreux, fut nommé abbé [d’Ivernaux] le 8 mai 1662 et en pris possession le 7 avril 1665. Il aliéna presque tout ce qui restait du temporel et abandonna en 1667 les dîmes au curé qui jusque là n’avait que les portions congrues. Vers la fin de la même année [1677] il fit démission entre les mains du roi. Eléonor de Beaulieu de Bethomas, chevalier de Malte, commandeur de Slype, grand bailly de son ordre et chef d’escadre des galères de France, frère du précédent, et du marquis de Bethomas qui avait épousé la sœur d’Alexandre Bontemps, fut nommé abbé d’Hivernaux en 1678, et mourut à Paris le 2 août 1702″.

 

  • Simon Lamorial le Pippre de Noeufville, Abrégé chronologique et historique du progrès et de l’état actuel de la maison du roi, Liège, Tome second, p. 364, 1734.

Il en ressort de ce texte  que Léonor de Beaulieu de Bethomas  eut  un frère Jacques de Beaulieu, marquis de Bethomas [en fait ce ne fut pas Jacques mais Charles, l’existence de ce Jacques n’est pas confirmée dans la fratrie], lequel  épousa Anne Bontemps, tante de [Louis-Alexandre]  Bontemps, premier valet de chambre du roi [et fils d’Alexandre confident et premier valet de louis XIV].

 

  • La plupart des historiographes se content d’affirmer des liens entre les familles Bontemps et Bethomas sans en fournir les éléments de preuves. H. Saint-Denis par contre, au travers d’un acte authentique,  nous fournit les éléments permettant de statuer. De son ouvrage Histoire d’Elbeuf, (tome 3- de 1630 à 1687, Elbeuf Imprimerie H ; Saint-Denis,1896 ) j’ai  extrait les éléments suivants :″ les archives de l’ancien tabellionnage d’Elbeuf Bec-Thomas conservent, à la date du 14 avril 1681, copie d’un arrêt rendu par le Parlement de Paris portant séparation de biens entre Charles de Beaulieu , marquis de Bec-Thomas et Anne Bontemps sa femme et condamnation du marquis à restituer à la marquise la somme de 120000 livres qu’elle avait apportée au mariage par contrat du 28 avril 1655. En attendant la réalisation du douaire le marquis était tenu de servir à sa femme et à ses enfants une pension alimentaire de 10000 livres par an. Pour faciliter ce paiement l’arrêt ordonnait que les meubles du marquis déjà saisis seraient vendus et les deniers provenant de la vente donnés à la marquise. Anne Bontemps, dont la signature est au bas de cette copie, avait longtemps vécu à la cour, où elle était dame de la reine Anne d’Autriche. Ce procès dont on parla beaucoup dans toute notre région, continua la ruine de la maison de Bethomas qui fut achetée plus tard. Le marquisat  de Bethomas, même disparu, redevint baronnie après Charles II de Beaulieu, fils d’Anne Bontemps″.

    Ces données perrmettent de confirmer que Charles de Beaulieu de Bethomas, aîné de la fratrie du commandeur Eléonor de Beaulieu de Bethomas, épousa Anne Bontemps, sœur d’Alexandre Bontemps premier valet de chambre et confident de Louis XIV.


     Le bulletin de la Société d’études diverses de l’arrondissement de Louviers (tome 7- année 1903, Louviers, Imprimerie Izambaut, 1904, pages 45 à 50) mentionne de nombreux actes et procès mettant en avant que les gros problèmes financiers de Charles de Beaulieu de Bethomas étaient toujours aussi pressants jusqu’à la veille de son décès aux alentours de 1715. Outre la mauvaise gestion financière de Charles de Beaulieu de Bethomas son inconduite en ressort également : est mise en avant l’existence de Jacques de Beaulieu du Parc, fils naturel de Charles de Beaulieu de Bethomas et de Marguerite du Dubos.

     

  • Les preuves de noblesse de Léonor de Beaulieu de Bethomas  mentionnent  qu’il eut pour mère Marguerite du Bosc fille de Léonard du Bosc.
     Alexandre Bontemps épousa en 1667 Claude-Marguerite  Bosc, fille du conseiller du roi Claude Bosc. La présente étude n’a pas approfondi une éventuelle alliance  entre ces deux famille Bosc.


A29

Manoir ou château de la Freslonnière  sur la commune du Rheu.

2016, château de la Freslonnière.


 

La Freslonnière en 1896, croquis extrait de Paul de Freslon, Généalogie de la maison de Freslon.

 

A30

 Extraits du courrier du 28 juillet 1798 du commandeur Pons-François de Rosset de Fleury à Monsieur Pontois archiviste de l’Ordre à Poitiers, AD86 3H1 435.

De Compiègne le 28 juillet 1769

 

Ne parlez à personne autre, Monsieur, qu’à moi de la valeur de la Feuillée en déposant dans les archives la copie ci-jointe de l’état général des revenus de cette commanderie que ledit Toudic m’a envoyé…

Je sens bien que pour la connaitre à fond il serait nécessaire que je  parcourasse tous ses membres ou que j’y envoyasse quelqu’un pour me suppléer , qui la régit pendant quelques années ; mais sur qui se reposer d’une pareille visite et administration qui exige des talents en tout genres et une connaissance profonde des divers usements particuliers de la province…

Il serait avantageux de transiger avec les anciens fermiers… pour ces visites, nouveau terrier … mais ils voudront être payés tout de suite… Et je vous avoue que dans le moment présent l’annate de la commanderie et d’autres dépenses indispensables ne me permettent pas de faire d’autres avances.

Je voudrais fort même, s’il était possible, après les sous-baux signés ou le bail général, engager mes fermiers à m’avancer au moins trois mois si ce n’est même six, remontant de la première année de la ferme″.

 

 

 

A31 –

Expédition de l’escadre de la Religion, commandée parc le bailli de Fleury, en rade de Tunis en 1756 d’après la Gazette de France du 28 août 1756, la Gazette de Brunswick du mercredi 10 novembre 1756.

De Tunis le 18 juillet 1756 : Quelques mesures que cette Régence [de la Tunisie] ait prises pour soutenir la guerre avec avantage, le sort des armes se déclare pour les algériens. Ils se sont emparés du château de Steff, ainsi que de celui de Qué et ils ont passé les garnisons de ces deux forteresses au fil de l’épée. Les détachements ennemis font des courses jusques sous le canon de cette ville [Tunis]. On craint qu’ils n’en forment le siège et plusieurs des habitants se sont déjà retirés avec leurs principaux effets. Par ordre de la Religion de Malte le bailli de Fleuri mouille actuellement avec un vaisseau de guerre et quatre galères devant le fort de la Goulette, pour être à portée de le défendre en cas de nécessité.

 

L’escadre avoit mouillé le 17 juin à la rade de la Goulette, dans le dessein d’intercepter les chebecs algériens, armés pour aller s’emparer de la forteresse.

Mr le bailli, qui s’étoit ménagé des intelligences dans Tunis, fut informé journellement de tous les mouvements que faisoient les troupes des deux régences de Tunis et d’Alger. Il se procura, en même temps, des provisions pour se maintenir dans ces parages, jusqu’au dénouement de la guerre.

Il y avoit une frégate de 12 canons, trois  pinques et deux tartanes de 14, mouillées à une portée de carabine de la batterie de la Goulette.

L’incertitude de la route des chebecs algériens et les grands avantages que le bey de Tunis, retiroit de la présence de l’escadre maltaise, engagèrent Mr le bailli, à s’en faire un mérite auprès de ce prince, afin de s’en prévaloir en faveur des esclaves chrétiens. Peu de jours après le bey fit mettre en liberté 12 maltais et lui promit la délivrance de beaucoup d’autres de diverses nations s’il chassoit les ennemis.

Cet espoir joint à celui de détruire la marine d’Alger et celle de Tunis, si les algériens s’emparoient de la ville, redoubla l’attention du bailli.

Le 1 septembre, informé que les algériens avoient fait des progrès considérables, il donna les ordres d’attaquer la nuit du jour suivant, les 6 corsaires qui étoient mouillés sous la forteresse.

Le lendemain, 4 des principaux ministres du bey, que Mr le bailli  avoit promis de sauver, vinrent lui apprendre l’entière défaite du parti du prince et l’évasion de sa famille.

A cette nouvelle, sans attendre la nuit, Mr le bailli fit signal d’envoyer à la capitaine, toutes les chaloupes, felouques et canots de l’escadre et leur donna ordre à mesure qu’ils arrivoient d’aller s’emparer des 6 bâtiments turcs.  Les galères serpentèrent aussitôt et s’approchèrent à la demie portée de canon de la forteresse pour soutenir la flotille en cas de besoin et remorquer les prises qu’elle alloit faire. L’attaque se fit avec toute la vivacité imaginable et une intelligence jointe à une bravoure digne des plus grands éloges. Les chevaliers se rendirent maîtres des bâtiments turcs, au moment qu’ils les abordèrent, et il sembla que tout se réduisoit à une seule action. Couper les câbles, mettre les turcs à la chaîne, arborer le pavillon de la Religion et faire voile, ce fut pour ainsi dire l’affaire d’un instant, malgré le feu continuel  du canon de la Petite Goulette placée à fleur d’eau et toute l’artillerie de la Grande où il y avoit en batterie 80 canons de 40, de 36 et de 24, qui tiroient sans cesse sur l’escadre et sur les prises.

Le matin à 9 heures et 1 quart, tout fut hors de la portée du canon.

Mr le bailli  fit le signal de ralliement et alla mouiller sur le cap de Carthage, où il fit préparer tout ce qui étoit nécessaire, pour mettre le lendemain, à la voile vers Malte.



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