17 - Pierre de Chasteigner



il fut reçu dans l’Ordre aux environs de l’an 1476 ainsi que le mentionnent les données ci-après relevées dans l’Histoire généalogique de la maison Chasteigner (A4) : ″Pierre Chasteigner fut chevalier de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem à Rhodes. Duquel ordre étant prêt à faire profession, le dernier jour de mai l’an mille-quatre-cent-soixante-seize il vendit et céda à Guy Chasteigner, seigneur de la Rochepozay, son frère aîné, tous ses droits d’héritages pour le prix et somme de cinq-cents écus d’or, chacune pièce du poids de Florence, et pour cinquante écus d’or de rente annuelle et perpétuelle. Et après avoir été reçu il acquit une telle estime auprès de Pierre d’Aubusson, lors grand maître de l’Ordre, qu’il fut employé en diverses occasions fort honorables. Ce que lui-même témoigne dans la lettre qu’il écrivit à Guy Chasteigner, seigneur de la Rochepozay, son frère, datée de Rhodes le pénultième jour d’août l’an mille-quatre-cent- quatre-vingt-six. Depuis il fut fait commandeur de la Feuillée, près Guingamp [sa principale résidence fut effectivement le Palacret près de Guingamp], en Bretagne. Et se trouva l’an mille-cinq-cent-trois à l’élection d’Aimery d’Amboise quand on le créa grand maître de l’Ordre : y intervenant pour la langue de France avec Jean d’Armé, commandeur d’Etampes. Ainsi que le rapporte Bosio en l’Histoire de Malte il y avait seize électeurs de ce grand maître de l’Ordre et il était l’un d’eux. Est à croire qu’il se porta facilement à lui donner sa voix, d’autant que le seigneur de la Rochepozay, son frère, avait épousé Magdeleine du Puy, proche parente du même Aimery [Aimery d’Amboise grand-maître de l’Ordre, de 1503 à 1512], qui avait le germain sur elle″.

Sa présence semble confirmée comme commandeur de la Feuillée et du Palacret sur la période 1491 à 1503. Nous avons peu d’informations sur la période que ce commandeur passa au sein de sa commanderie de la Feuillée. La principale nous est exposée par Jeanne Laurent dans son ouvrage sur la quévaise. Cet épisode[1] met en avant l’opposition qui apparaît fréquemment entre le clergé séculier ou l’évêque qui ont peine à admettre les privilèges dont bénéficient les Hospitaliers. Dom Thomas Le Rusquec, vicaire de la Feuillée, s’oppose au commandeur, recteur primitif de la paroisse, en voulant s’approprier les offrandes faites à l’église et en voulant interdire au commandeur de faire célébrer des messes par des chapelains de l’Ordre, sans son autorisation. Le 16 février 1496, le commandeur fait célébrer une messe en la chapelle Sainte-Catherine de la Feuillée. Les frères du vicaire Anceau et Bertrand le Rusquec pénètrent dans la chapelle et par  violence interrompent la célébration de la messe. Le commandeur outré que l’on puisse s’opposer à sa volonté use également de violence à l’encontre de Bertrand Le Rusquec lequel, ultérieurement, fera constater qu’il est clerc et que ce statut le protège. Une enquête est ordonnée par la cour de Rennes. Plus de trente témoins seront entendus. Les procès-verbaux des témoins entendus par Pierre le Cozic, sénéchal de Morlaix, sont d’une extrême richesse pour la compréhension de la vie à cette période.

  

  

  

Quartiers de noblesse de Pierre Chasteigner, chevalier de l’Ordre, fils de Pierre Chasteigner, seigneur de la Rochepozay, Saint-Georges de Rexe et de Jeanne de Varèze :



 



Armes : d’or au lion de sinople passant.

Les supports présentent  deux sauvages qui tiennent chacun d’une main l’écu et ont en l’autre une massue élevée en haut. Le cimier est formé d’un demi lion naissant qui se montre avec la tête droite, les deux pieds de devant avancés et le bout de la queue recoquillé par derrière, le reste ne paraissant point, non plus que l’autre moitié du lion.

 



[1] AD22, H511.


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