w-La Feuillée au sein du prieuré d'Aquitaine


Structure, hiérarchie de l’ordre de L’Hôpital

Avant de décrire la Commanderie du Palacret avec ses membres et dépendances, il  paraît utile de définir ce que recouvrent ces termes, et par là même d’expliquer l’organisation de  l’ordre des Hospitaliers.

Après la bulle papale Pie Postulatio Voluntatis de l’an 1113, qui marque la fondation de l’ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, les frères vont recevoir, en Terre Sainte, de nombreux dons. Les émissaires envoyés par l’Ordre en Occident, la première croisade avec la prise de Jérusalem en 1099, vont amplifier les pèlerinages à Jérusalem. L’action de l’Ordre va être de plus en plus connue et reconnue. La conséquence première est que le nombre de ses donateurs va grandement s’accroître et qu’il va se constituer, au fil des ans, un patrimoine foncier très important. Au début, au XIIe siècle, les donateurs sont principalement les princes, les ducs, les grands seigneurs régionaux, et ce non plus seulement en Terre Sainte mais aussi en Europe (A1). A compter du milieu du XIIIe siècle, les principaux donateurs se recrutent dans les milieux qui donneront le plus de frères Hospitaliers à savoir la petite noblesse et la bourgeoisie urbaine (A2).

L’ordre devient une entité internationale, transfrontalière. Il est présent non plus seulement en Terre-Sainte mais dans l’essentiel de l’Europe : la France, l’Italie, l’Angleterre, l’Espagne (Navarre et Aragon), le Portugal, la Haute-Allemagne (Suisse, Bavière, Alsace, Bohême, Pologne, Autriche, Hongrie, Croatie, Bosnie), la Basse-Allemagne (Pays-Bas, Hesse, Saxe, régions rhénanes). Il va se doter d’une structure centralisée, hiérarchisée sur plusieurs niveaux.

La tête, le ″gouvernement ″, est en Terre-Sainte (A3) avec au sommet un grand maître successeur de Gérard et des baillis conventuels. Ses ressources locales sont insuffisantes pour couvrir tous ses besoins.

L’arrière, c'est-à-dire les possessions en Occident (l’outremer dans la terminologie vue de la Terre-Sainte), va devoir assurer le complément de ressources. Ainsi va se développer et se mettre en place au fil du temps une structure administrative qui se transforme pour s’adapter aux contextes politiques et aux évolutions du ″ front″ sous la pression des Ottomans puis des Turcomans. Nous allons les décrire à partir du XIIIe siècle quand ses structures se sont relativement stabilisées, et surtout à partir d’une époque où nous avons des écrits qui permettent de les comprendre.

En allant du sommet (le grand-maître et le chapitre) vers la base, nous allons découvrir :

  • Les langues : France, Auvergne, Provence, Angleterre, Espagne, Italie, Allemagne. Il ne s’agit là que de dénominations car ce niveau ne comporte en réalité aucune structure, ce niveau parait surtout correspondre à un découpage en zones linguisitiques.

  • Au niveau inférieur se sont mis en place les prieurés. On peut qualifier ce niveau de structures provinciales.

    Pour la France, avant la dévolution des biens des Templiers aux Hospitaliers, nous avions : le prieuré de France, le prieuré d’Auvergne et, le plus ancien de tous, celui de Saint-Gilles (en Provence). A compter de 1317 suite à l’intégration des possessions des Templiers la province linguistique de  France va comporter : le prieuré de France, le prieuré du Poitou (qui intègre la Bretagne) et le prieuré de Champagne ; la langue d’Auvergne n’en comporte qu’un seul ; la langue de Provence outre celui de Saint-Gilles va intégrer le prieuré de Toulouse.

  • Les prieurés sont le regroupement de commanderies (dénomination qui ne s’est imposée qu’à compter du XIVe siècle – sont également utilisés les termes de baillies ou en latin de préceptoria-A4). Une commanderie, c’est la ″ maison″, le lieu de vie des frères Hospitaliers, elle comporte  systématiquement une chapelle et divers bâtiments d’exploitation tels que écuries, granges et autres édifices. Mais une commanderie c’est, avant tout, une circonscription, un chef  lieu de gestion des biens, maisons dépendantes, églises, chapelles, moulins, terres qui y sont rattachées. Une commanderie comporte généralement des ″ maisons″ moins importantes désignées sous le terme de membres. Pour les biens de  très faible importance, en-dessous du niveau de membres, les Hospitaliers utilisent le terme de dépendances.

     

    Nous allons au fil du présent ouvrage vous faire découvrir tous les éléments que recouvre ce terme de commanderie.
    Une commanderie n’est pas le fruit du hasard, sa création, son implantation sont justifiées par la présence dans son environnement de biens fonciers ou de ressources potentielles. Comme il s’agit, surtout à partir du XIVe siècle, d’un centre de gestion de biens, son implantation va se faire, plus ou moins, au centre de gravité de ces biens.


Ci-après liste des commanderies du prieuré d'Aquitaine avec ses commandeurs ses revenus en 1703-1704 (éléments extraits  des collections de Louis de Courcelles dit l'abbé Dangeau(1643-1723) sur L'état de la France au temps de Louis XIV , BnF manuscrit fr 22722.
Nota: il apparaît qu'a cette période la commanderie de La Feuillée est celle qui a les plus gros revenus du prieuré d'Aquitaine (deux fois les revenus de la commanderie qui se classe en seconde position).
Dans le présent listing nous avons conservé l'orthographe figurant dans le document source. Par contre nous avons
complété les noms des commandeurs. par exemple pour le commandeur d'Amboise ne figurait que de Choissy.
La vacance de la commanderie de la Roche et Villedieu permet de situer avec précision la date de rédaction de la présente liste. En effet le décès de Louis-Etienne Texier de Hautefeuille le 3 mai 1702 situe la fin du mortuaire au 1 mai 1703 et donc la fin officielle  de la période de vacance au 1 mai 1704.





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