A- Saint Jean Baptiste

                    Vers la fin du XI  siècle, Gérard , un  prêtre, d’origine française ,  transforma en congrégation  l‘hôpital  qui était adjoint à l’église Sainte Marie la Latine  à Jérusalem ; cet hôpital dédié à saint Jean Baptiste avait été créé pour recevoir les pèlerins arrivant en Terre Sainte ainsi que les  malades.

La  piété étant grande à l’époque cette congrégation prit rapidement de l’importance suite aux  nombreux dons reçus ;

Le nouvel Ordre fut confirmé en 1113 par la bulle du pape Pascal II et fut désormais connu sous le nom de l’Ordre des Hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem.

C’est donc naturellement que Saint Jean Baptiste devint le saint patron des Hospitaliers ;  la plupart des chapelles qu’ils fondèrent  lui  furent dédiées .

Saint jean Baptiste, pieux ascète, installé sur les bords du Jourdain annonçait   la venue du Messie à ses disciples qu’il baptisait par immersion dans  l’eau pour la rémission des péchés. «  Moi je vous baptise avec de l’eau, pour vous amener à la repentance, mais vient  celui plus fort que moi, et je ne suis pas digne de porter ses sandales , lui , vous baptisera dans l’Esprit Saint et le fils   (Mathieu III : 11) »

 

Le trésor de l’ordre des Hospitaliers  de Saint Jean de Jérusalem possède  «  une hypothétique  »   main droite de Saint Jean le Baptiste ; elle est aujourd’hui conservée au monastère de Cetinje au Monténégro. Des reliques attribuées à St jean Baptiste existent dans presque tous les pays chrétiens et même à Damas en pays musulman.
 
 
 
Saint Jean Baptiste vu au travers de l'église bretonne :
 
 

Extrait de Bue ar Zent

Composé par Monsieur Perrot

Curé de saint Vougay

Repris par E. LeMoal

Directeur de la « La Croix des Bretons. »

Pour l’évêché de Saint Brieuc et Tréguier

Illustré par Ar Gwennek

Morlaix 1912

 

traduction breton /français réalisée par

Tangi Gicquel  (Association Hent Don  ayant

pour objectif la valorisation de la langue bretonne

dans le pays de Bear     -couriel : hentdon@gmail.com)

 

 

Nativité de Saint Jean Baptiste ( le 24 juin)

 

Parmi les enfants des femmes,

jamais l’on a trouvé – aucun

Qui soit plus grand que Saint Jean

Jésus le reconnaît lui-même

 

Au temps du roi Hérode, il y avait en Israël un prêtre de la classe d’Abia, il s’appelait  Zacharie, et vivait dans le respect de Dieu avec son épouse, de la race d’ Aaron, prénommée Elizabeth.

Ils avaient atteint un âge avancé, et ils avaient beau prier, aucun enfant ne venait égayer leur maison, ce qui les chagrinait grandement.

Un jour, Zacharie monta à  Jérusalem avec les prêtres qui allaient passer  la semaine au temple avec lui. Ils tirèrent  au sort pour savoir quelle serait la tâche de chacun,et  il lui incomba la faveur d’officier dans le lieu saint.

Il entra dans le temple. Le peuple ,dehors, priait tandis qu’il  officiait .

Alors, l’ange du Seigneur se présenta à lui, debout à droite de l’autel. Zacharie fut troublé de le voir et la peur s’empara de lui.

Mais l’ange lui dit :

- N’ai  pas peur, Zacharie, car ta prière a été  entendue et ton épouse Elizabeth te donnera un fils que tu appelleras Jean. Tu seras dans la joie et l’exultation, et beaucoup connaîtront l’allégresse grâce à sa naissance, car il sera grand devant le Seigneur ; il ne boira ni vin ni rien d’autre qui puisse saouler. Il sera empli du Saint-Esprit, depuis le ventre de sa mère. Beaucoup d’enfants d’Israël se retourneront vers le Seigneur, Oh Dieu. Il marchera seul devant Dieu avec l’esprit et le pouvoir d’Elie pour apporter chez les enfants le cœur des pères, détourner les gens sans foi vers la sagesse des hommes justes et préparer au Seigneur un peuple irréprochable.

Zacharie dit à l’ange :

- Comment verrai-je cette chose-là ? Car je suis vieux, et mon épouse est âgée.

L’ange lui dit :

- Je suis Gabriel, qui se tient devant Dieu, et je suis envoyé pour te parler et t’annoncer la bonne nouvelle. Et voilà, puisque tu n’as pas cru en mes paroles , tu seras muet et tu ne pourras prêcher,et ce  jusqu’au jour où se produiront ces choses-là ,qui adviendront en leur temps.

Le peuple attendait Zacharie et était surpris de voir qu’il s’attardait dans le Temple.  Lorsqu’il sortit, il ne pouvait dire un mot, et tous sûrent qu’il avait vu quelque chose dans le Temple. Lui leur faisait des signes, mais  il resta muet.

Quand il eut terminé  sa semaine, il revint chez lui, et Elizabeth, son épouse, conçut un enfant.

Six mois plus tard, la Vierge Marie conçut le Fils de Dieu, par le pouvoir du Saint-Esprit, et aussitôt elle traversa les montagnes pour aller voir Elizabeth qui était sa cousine. Alors ,lorsque Marie posa les pieds sur le seuil de la maison , la progéniture qu’ Elisabeth  portait  en elle  tressaillit de plaisir. D’après la parole des saints pères, à partir de cet instant son âme fut  nettoyée du pêché originel et remplie des grâces de l’Esprit Pur.

Pourtant, arriva le temps pour Elizabeth d’accoucher, et elle mit au monde un fils. Ses voisins et ses parents comprirent que le Seigneur avait montré sa grande bienveillance à son endroit, et ils lui marquèrent leur joie.

Le huitième jour, ils vinrent poser le sceau de l’entente sur l’enfant et ils le nommèrent Zacharie, du nom de son père. Mais sa mère répondit : « Non, il s’appellera Jean. »

Et ils lui dirent : « Il n’y a personne dans votre parenté qui porte ce nom-là. » Et ils demandèrent par signes au père quel nom il voulait donner à la créature. Ayant demandé un tableau, il écrivit dessus, « Jean est son nom. » Et tous furent surpris.

Aussitôt sa bouche s’ouvrit, sa langue fut dénouée et il bénit Dieu. La peur s’empara de tous les voisins, et toutes ces choses-là furent connues à travers toutes les montagnes de Judée. Tous ceux qui les entendirent , les gardèrent dans leur cœur , tout en disant : « D’après vous, que sera cet enfant-là ? » En vérité, la main du Seigneur était avec lui.

 Zacharie, son père, était rempli de Saint-Esprit, et il professa en disant :

« Benedictus Dominus Deus Israel… que soit béni le Seigneur, le Dieu d’Israël, parce qu’il a vu et racheté son peuple. Il a créé, pour nous, un Sauveur puissant dans la maison de David, son serviteur. »

« ….. pour toi, enfant, tu seras nommé prophète de celui qui est au-dessus de tout, car tu marcheras devant le front du Seigneur Dieu, pour mettre le peuple sur le droit chemin et lui donner la conscience de son salut, pour qu’il soit pardonné de ses pêchés. »

L’enfant grandissait et se renforçait grâce à l’Esprit, et il restait dans des endroits à l’écart, jusqu’au jour où il dût se montrer au peuple d’Israël.

 

 

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Saint Jean fin de récolte  ( ou la décollation - le 29 aout )

 

Dans la vingt-sixième année après la venue de Notre Sauveur, il y eut un événement  au pays d’Israël.

Un homme était venu habiter à Méthanie, près du fleuve Jourdain ; il avait vingt-sept ans. Il s’appelait Jean. Il n’avait pour se vêtir qu’une tunique en poil de chameau et une ceinture en cuir. Pour se désaltérer, uniquement des breuvages qui ne pouvaient saoûler. Pour se nourrir, uniquement des sauterelles et du miel sauvage, et il proclamait la pénitence. « Faites pénitence, disait-il, car le royaume des cieux approche. »

Les gens accouraient en masse pour le rencontrer, et quand ils reconnaissaient leurs pêchés, il les baptisait dans l’eau du fleuve. En voyant beaucoup de Pharisiens et de Sadducéens – les élites de ce temps-là, - Jean leur disait : « Race de serpents, qui vous a appris à fuir devant le courroux qui approche ! Faites donc fruit convenable de pénitence, et ne vous dites pas en vous-mêmes : « Nous avons Abraham pour père », car je vous dis : Dieu peut créer des enfants d’Abraham à partir de ces pierres-là. Désormais, la hache est posée sur la racine de l’arbre. Car chaque arbre qui ne porte pas les bons fruits sera coupé et jeté au feu. »

Implacable envers les grands, Jean était aimable avec les petites gens.

Le peuple lui demandait : « Que ferons-nous donc ? »

Et lui répondait : « Celui qui a deux tuniques, en donner une à celui qui n’en a pas, et celui qui a de la nourriture, faire la même chose. »

Aux collecteurs des impôts  il disait : « Ne dépassez pas ce qui vous est marqué. »

Et aux soldats : « N’oppressez personne ; ne faites pas de tort ; votre solde est suffisamment grande. »

La rumeur d’un enseignement aussi neuf se répandit partout, et plus d’un crut que c’était le Christ.

Pour les détromper sur cela, Jean disait : « Je vous donne, avec l’eau, le baptême de la pénitence, mais celui qui viendra après moi est plus puissant que moi ; je ne suis pas digne de porter ses chaussures ni à en défaire les nœuds ; lui vous baptisera dans le Saint-Esprit et le feu. »

 En ces temps , Jésus vint de Nazareth, en Galilée, au Jourdain, pour être baptisé dans l’eau du fleuve. Jean n’était pas dérangé de le faire : « Moi, dit-il, je dois être baptisé par vous, et vous venez à ma rencontre ! »

Jésus lui répondit : « Fais comme je te dis, car il faut que nous accomplissions chaque commandement. »

Alors Jean ne s’opposa plus.

Aussitôt qu’il fut baptisé, Jésus se leva de l’eau et se mit à prier. Alors les cieux s’ouvrirent et Jean apperçut le Saint-Esprit en train de descendre, sous la forme d’une colombe, qui s’immobilisa  au- dessus du Christ. Une voix vint des cieux et elle dit : « Vous êtes mon fils adoré ; j’ai mis en vous toute ma passion. »

 Jésus était dans sa trentième année.

Quelques jours plus tard, il retourna au fleuve, et Jean, en l’apercevant de loin, dit à haute voix à ses disciples : « Voilà là-bas l’Agneau de Dieu ; voilà là-bas celui qui supprime les pêchés du monde : Ecce Agnus Dei, ecce qui tollit peccata mundi », et il leur fit signe de se rallier au Sauveur du monde : « Celui-là, dit-il, doit grandir, et moi devenir plus petit. » Ceux-ci allèrent, l’un après l’autre, à la suite du Fils de Dieu.

La mission de Jean était accomplie ; il avait ouvert la route au Seigneur ; il ne lui restait plus rien d’autre à faire qu’à se  retirer.

A cette époque, Hérode, le roi de Galilée, montrait le mauvais exemple autour de lui, maintenant auprès de lui Hérodiade, l’épouse de son frère Philippe.

Le Baptiste se rendit auprès du roi et il lui dit : « Vous pêchez en vivant ainsi avec votre belle-sœur. »

Hérode, plutôt que de l’écouter, ordonna de le jeter en prison.

Quelques jours plus tard, Hérode donna un grand repas aux gens de sa cour et aux puissants de Galilée.

La fille d’Hérodiade dansa pendant le repas, et elle plût tant au roi qu’il lui dit : « Demandez-moi ce que vous voulez, et je vous le donnerai, même s’il s’agit de la moitié de mon royaume. » Et il prêta serment de tenir parole.

La fille sortit alors de la salle pour retrouver sa mère.

«  Mère, dit-elle, que demanderai-je ?. »

Et sa mère de lui répondre aussitôt :

«  Demande la tête de Jean-Baptiste. »

La fille retourna dans la salle et dit à Hérode :

«  Je demande que l’on m’amène immédiatement sur un plateau la tête de Jean-Baptiste. »

Cette requête fut douloureuse pour le roi ; pourtant, parce qu’il avait juré qu’il ferait ce qu’on lui demanderait, il envoya aussitôt des gens décapiter Jean-Baptiste dans sa prison. La tête fut apportée dans la salle, sur un plateau, et donnée à la jeune fille, et celle-ci courut l’apporter à sa mère.

 

 

 

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